Chronique #2 Tu comprendras quand tu seras plus grande de Virginie Grimaldi
Tout d'abord, voici le résumé du
livre :
Quand Julia débarque comme psychologue
à la maison de retraite Les Tamaris, à Biarritz, elle ne croit pas
plus au bonheur qu’à la petite souris. Pire, une fois sur place,
elle se souvient qu’elle ne déborde pas d’affection pour les
personnes âgées. Et dire qu’elle a tout plaqué pour se sauver,
dans tous les sens du terme.
Au fil des jours, Julia découvre que
les pensionnaires ont bien des choses à lui apprendre. Difficile
pourtant d’imaginer qu’on puisse reprendre goût à la vie entre
des papys farceurs, des mamies fantaisistes et des collègues au cœur
brisé… Et si elle n’avait pas atterri là par hasard ? Et si
l’amour se cachait là où on ne l’attend pas ?
C’est
l’histoire de chemins qui se croisent : les chemins de ceux qui ont
une vie à raconter et de ceux qui ont une vie à construire.
C’est
une histoire d’amour(s), une histoire de résilience, une ode au
bonheur.
« Un humour décapant, des personnages attachants et une
profonde humanité.
En le refermant, on n’a qu’une envie : se
délecter des petits bonheurs qu’offre la vie. »
J'ai énormément de choses à dire sur
ce livre. Pour commencer, je suis entrée dans ce livre un peu à
tâtons, tout comme l'héroïne arrive (presque à reculons) aux
Tamaris. N'ayant pas spécialement d'attirance particulière pour les
personnes âgées, je ne savais pas du tout où je mettais les pieds.
Je dirais même plus que je suis un peu mal à l'aise avec les
personnes (très) âgées, car elles me rappellent que la vie à une
fin...
Au début du livre, j'ai vraiment
ressenti l'atmosphère un peu froide et glauque que l'on peut
ressentir dans certaines maisons de retraite (d'après mes
recherches). Un endroit où l'on a plus envie de prendre ses jambes à son cou que d'habiter. J'entrais alors avec Julia aux Tamaris avec autant d'envie que
de manger une tartiflette en plein été. La directrice de
l'établissement m'a semblé assez gentille, bien qu'un peu froide.
Le pompon, ça a été de découvrir la jeune femme que Julia allait
remplacer en tant que psychologue, Léa. Elle était très expéditive, et
j'ai eu l'impression qu'elle s'enfuyait presque de ce lieu de
travail. Pas trop rassurant pour notre Julia...
Passé la première appréhension et le
sentiment d'être détaillée de toute part, Julia va s'adapter tant
bien que mal à cet endroit particulier, car elle va également y
vivre. L'accueil s'est énormément réchauffé lorsqu'on a fait la
connaissance de Marine et de Greg, qui ont l'air d'être des
collègues vraiment sympathiques.
J'ai aimé qu'au fil du livre on
découvre le passé de Julia, les raisons qui l'ont poussées à
venir travailler dans une maison de retraite, et les relations
compliquées qu'elle a dans sa vie. Entre son ex, sa mère et sa
sœur, on ne peut pas dire que Julia soit forte sur le plan
émotionnel. Elle a du mal à gérer ses émotions, a du mal à faire
confiance, et pourtant, elle est là pour s'assurer du bien être
mental et psychologique des pensionnaires.
Justement, les petits vieux, on en
parle ? Je les adore tous. L'auteur a vraiment dépeint un joli
melting pot de personnalités, de la plus sympathique (Miss Mamie, le gang des mamies)
au plus...con, disons le (Léon), d'ailleurs son prénom rime avec ce principal attribut. Il faut aimer l'humour potache,
les blagues à deux balles et les caractères fiers de certains, mais
je me suis surprise à apprécier chaque personnage assez rapidement.
Les deux collègues de Julia vont
beaucoup l'aider à s'habituer à son nouvel environnement en lui
donnant des astuces et en lui confiant des petits secrets sur
certaines des pensionnaires. J'adore la gouaille de Marine, car elle
parle vraiment sans filtre et a un avis sur tout. J'aime aussi le
côté discret de Greg, il est présent sans en faire trop, mais il
est essentiel à la bonne santé mentale de Julia.
J'ai découvert avec plaisir la vie de
chacun des retraités, appris à connaître leur façon de
fonctionner, un peu comme Julia.
Quand Raphaël, le fils d'une nouvelle
pensionnaire (Rosa) apparaît, il y a peu de doute concernant
l'avenir sentimental de notre héroïne, mais j'ai apprécié le fait
que Virginie Grimaldi ne tombe pas dans la facilité d'un personnage
parfait. Il a aussi ses défauts, ses doutes, ses bagages, et c'est
ce qui rend leur relation intéressante. A un moment, j'ai même
trouvé un mini clin d'oeil à 50 nuances de Grey, lors des échanges de mails, courts et à double sens (quoique bien plus softs que ceux de Mr Grey).
Alors oui, à un moment donné, j'ai eu envie de secouer Julia car elle ne remarque pas des choses qui se voient comme le nez au milieu de la figure, mais dans un sens, cela complique un peu l'histoire et je trouve ça pas mal.
Après m'être autant attachée à ces petits vieux, je me suis retrouvée comme Julia: je ne voulais pas quitter les lieux!
Et là, c'est la claque. On apprend quelque chose à la fin du livre, que je n'ai pas DU TOUT vu venir, c'était donc une grosse surprise. Et j'ai adoré ça! Cela a remis en perspective certaines choses que j'avais lues durant tout le roman, et ça m'a fait le même effet que quand je lis un thriller et que je découvre la fin: je me dis "mais ouiiii!", bref vous savez certainement de quoi je parle.
Autre énorme point concernant ce livre, ce sont les émotions que j'ai ressenties durant ma lecture. Je suis passée du rire aux larmes, de l'agacement à l'excitation de découvrir la suite d'une histoire, mais j'ai également ressenti pas mal de frustration, surtout par rapport à sa relation avec Raphaël. J'aurai également aimé que la relation avec sa mère soit un peu plus approfondie, qu'on en apprenne un peu plus sur ce que ressentait sa mère justement. Mais ce qui m'a vraiment surprise, c'est que j'ai été émue par ce livre pour un truc tout bête qui m'a rappelé ma propre histoire (lorsqu'on découvre la lettre d'une pensionnaire...). J'ai pleuré à chaudes larmes et j'ai du poser mon livre pendant plusieurs minutes, puis l'envie de connaître la suite m'a recentrée sur ma lecture. J'ai vraiment été étonnée que certains passages me touchent autant, mais c'est là tout le génie de Virginie Grimaldi, avec un sujet aussi simple, elle a su toucher beaucoup de monde, enfin je le suppose, mais la manière dont elle l'a fait est belle et poétique, et elle nous enseigne deux grandes leçons de la vie que l'on connait déjà mais qu'on applique pas toujours: profiter de ceux qu'on aime tant qu'ils sont encore là, et dire aux gens qu'on aime qu'on les aime. C'est en tous cas ce que j'ai ressenti après avoir refermé mon livre. Les notes d'humour étaient également très présentes tout au long du livre, que ce soit au niveau des blagues ou du comique de situation avec lequel on a très souvent du composer. Je me suis pris des minis fou-rires assez souvent, et les réparties de certains personnages valent de l'or. Tout ça me donnait l'impression d'être aux côtés de Julia, comme une collègue invisible qui pouvait tout voir, tout entendre (même la nuit les samedi soirs) et surtout tout ressentir.
J'ai aussi aimé que le livre soit divisé en petits chapitres, ce qui au final en donne 107, mais j'ai adoré la sensation de vite terminer un chapitre, car je ne pouvais plus m'arrêter de tourner les pages.
J'ai aussi aimé que le livre soit divisé en petits chapitres, ce qui au final en donne 107, mais j'ai adoré la sensation de vite terminer un chapitre, car je ne pouvais plus m'arrêter de tourner les pages.
Si j'avais quelques petites choses à reprocher peut-être, ce serait tout d'abord le choix de certains prénoms. Jusqu'à la moitié du livre j'ai mélangé Marine avec Marion, la meilleure amie de Julia, chez qui elle censée habiter. Les deux prénoms étant très similaires, il y a eu des passages ou j'ai du faire machine arrière car mon cerveau s'embrouillait. Sinon, les prénoms des pensionnaires étaient bien choisis, on s'en rappelle assez facilement. Ensuite, le manque d'informations ou de développement de la relation de Julia avec sa mère, ce qui m'a un peu frustrée. Enfin, j'ai trouvé la fin un peu "rapide", comme si on m'arrachait un pansement. L'intrigue a bien pris plus des trois quarts du livre. Mais je trouve que le dernier mois de Julia est passé vite, trop vite même. au fur et à mesure où je voyais les pages restantes diminuer, je sentais mon coeur se serrer comme celui de notre héroïne, car je voulais que jamais ce livre ne se termine. Le coup de grâce à quand même été l'épilogue, car Julia s'adresse directement à son père lors d'une visite au cimetière...si vous ne chialez pas, je ne comprends pas.
Bref, j'ai adoré. Je lui accorde ****